Notre Histoire dans les couloirs des salles de vente aux enchères parisiennes

Dans l’article paru à AlQuds, Youcef ABDELKI fait une alerte concernant la présence de nombreux pièces archéologiques appartenant à la civilisation arabe dans les ventes aux enchères parisiennes. La vente va se dérouler le 28-11-2005 dans l’hôtel Drouot Richelieu à Paris, 333 pièces seront mises en vente. La totalité de ces pièces appartiennenent à la civilisation orientale d’ou le nom des enchères : Art d’Orient. Les pièces mises en vente appartiennent aux civilisations Sumérienne, Egyptienne, Ashurienne, byzantique, phénicienne, islamique… Quelques une datent du quatrième milliénaire avant j.c, d’autres datent du premier siécle et la plupart (islamique) datent des derniers siècles. Il existe aussi des pièces la tunisie et du Maroc.

Les pièces sont présentés sur le site BOISGIRARD & ASSOCIES .

PORTEUR D’OFFRANDE
Exceptionnelle statue en albâtre, représentant un homme debout, bras pliés le long du corps, portant dans ses mains jointes au-dessus de la ceinture un animal troussé, couché sur un socle ou un coffret. Le haut de la tête est plat, les sourcils incisés sont arqués, les yeux ont un iris creux initialement incrusté, le nez est droit et long; les lèvres sont pulpeuses, le menton ovale et les oreilles larges. Il est vêtu d’une jupe gravée de motifs géométriques et munie latéralement d’un pan vertical strié. De la large ceinture qui entoure sa taille tombe une bande plissée à l’arrière de la jupe. Le torse est nu, la poitrine est soulignée de deux aréoles gravées, les bras puissants sont légèrement musclés. Pieds lacunaires. Arabie du sud, 2e-1er siècle av. J.C.43 cm.
[notes, img : catalogue, src : http://www.world-encheres.com]

CLOU DE FONDATION
Exceptionnel clou canéphore en cuivre, en forme de personnage nu, debout, à corps tubulaire conique, taille légèrement cintrée, levant les bras pour maintenir sur sa tête une corbeille carénée posée sur un coussinet en forme de galette. La tête, chauve, est ronde; les yeux, en amande sous de fins sourcils arqués, ont un regard vague; le nez est camus, les lèvres fines, les oreilles écartées. Patine croûteuse aux superbes nuances vertes et d’azurite bleue. Traces de textile. 3e Dynastie d’Ur, 2200-2000 av. J.C.24,1 cm Provenance : Ancienne collection R.Wagner, Cape Cod (acquis en Juin 1944). Les premières figurines anthropomorphes de fondation apparaissent, en cuivre ou en pierre, vers le milieu du 3e millénaire, à l’époque des Dynasties archaïques II et III (ca. 2650-2400 av. J.C.), sous la forme de personnages chevelus, mains jointes sur un torse nu, la partie inférieure du corps conique en forme de clou. Des siècles plus tard, sous le règne de Gudea, roi de Lagash (ca. 2090 av. J.C.) et durant près de trois cents ans, apparaissent des statuettes canéphores représentant un homme au crâne rasé, bras levés, maintenant une corbeille au-dessus de sa tête. C’est ce type de clou que l’on retrouve au sud de la Mésopotamie sous la 3e Dynastie d’Ur à Tello, Uruk, Ur, Nippur et Suse. Témoins devant les dieux et la postérité de la piété du souverain, dont l’un des devoirs est d’édifier un temple, les clous sont disposés sous les fondations, à l’abri des regards et ne pouvant être connus que des dieux, afin d’attirer leurs auspices. Recouverts d’une étoffe, ils étaient placés verticalement dans un coffret en brique enduit de bitume, accompagnés d’une tablette en argile. Selon la majorité des historiens d’art et archéologues, le personnage représenté est vraisemblablement le roi, participant en personne à la construction du temple, Urnammu, 1er roi de la Dynastie d’Ur (2111-2094) ou Shulgi, son successeur (2094-2047). Nombre de musées présentent dans leurs collections des clous canéphores, dont les derniers exemples datent du règne de Rim-Sin, roi de Larsa (1807-1748 av. J.C.). Parmi ceux-ci : Le Musée du Louvre, qui possède un clou provenant du Temple d’Inshushinak à Suse, dépôt de fondation du roi Shulgi (Inv. Sb 2879). Le Metropolitan Museum, qui posséde un canéphore de l’époque d’Urnammu et l’un des sept canéphores trouvés sous les fondations du Temple d’Inanna à Nippur, construit par Shulgi. Nous sommes ici en présence d’un des très beaux témoignages d’une grande époque que fut celle de la renaissance sumérienne. [notes, img : catalogue, src : http://www.world-encheres.com]

La présence dans cette collection de nombreuses pièces appartenant aux civilasations de l’Iraq ancien ne peut que nous rappeler le pillage qu’a subit les musées irakiens suite à l’occupation américaine. Quelques pièces ne portent pas une indication concernant le pays d’origine quand il s’agit de pièce provenant des civilisations irakiennes, une indication du type “arabie de sud” est utilisée dans ce cas. Pour les pièces de grande importance, une justification de source est présentée comme dans le deuxième exemple que je viens de présenter (Provenance : Ancienne collection R.Wagner, Cape Cod (acquis en Juin 1944)), cette justification suspecte est en elle même non convanicante : est ce qu’un pillage aura une autre appellation si on change de contexte historique.
Ce “pillage” ne s’arrête pas sur les pièces provenant des civilisations orientale, vous pouvez trouvez d’autres ventes aux enchères sur le site http://www.world-encheres.com. Et bien, vous l’avez bien compris, c’est les enchères de la civilisation Humaine qu’il s’agit. Et tout les moyens sont bon pour acquérir de bonnes “pièces”.

One Response to “Notre Histoire dans les couloirs des salles de vente aux enchères parisiennes”

  1. Naclo Says:

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